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rappel

Un an plus tard…

dream about your life & live your dream

© louise imagine – Jérôme

Sans Dieu Fictif, Suicide Devant la Foule, Sans Destin Futur, Sans Destinée Fixe, Sans Foi ni Dieu,  Séquelle De Folie, Sourire De Fou, Sommeil Du Froid,…

© louise imagine – Jérôme

… recroquevillé sur le trottoir, en plein jour. Ici, maintenant sur cette terre qui est aussi la tienne, dans ce monde que tu malmènes, je ne peux empêcher ces 3 maudites lettres S, D, F, mon nouveau nom de scène, de se composer et se décomposer.

Oui, ici, à l’instant présent je peux encore penser, croiser tes regards qui n’osent s’accrocher à ma crasse. J’ai tout le temps d’étudier ma mort venir: le froid, un mauvais coup, la faim, mon cher et tendre abandon. Tu me tues de ton indifférence. Ne joue pas au révolté, tu peux rire plutôt. Je serais plus heureux de te voir rire. Tu m’as croisé, tu as senti ma présence. Je t’ai fait peur…

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bleu | louise imagine | #vasescommunicants

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Bleu.
Immense.
Bleu du drap battant contre le ponton en bois, du drap tendu entre soleil et peaux. Au loin, la plage. Minuscule, perdue entre deux immensités d’un bleu absolu. A peine distingue-t-on un mince liséré de sable où s’entassent probablement les vacanciers. Mais d’ici, loin, très loin, sur les lattes de bois poli, on ne peut qu’imaginer. Dentelles rocheuses d’une terre se fondant dans la mer, et rien d’autre… Ici, le vent claque, estompant quelques secondes la chaleur écrasante, ici, le tissu bleu danse, virevolte devant les chaises longues, ici, nous écoutons le bruit sec du tissu bleu qui s’étire et se tord sous le souffle brûlant d’un air sous tension. Allongé, tu es, derrière moi, tête posée contre coussin, regard caché par de larges lunettes noires, corps blanc, brillant d’une crème méticuleusement tartinée, jusqu’entre les doigts de pieds (on ne sait jamais, me dis-tu, tu n’imagines pas à quel point un coup de soleil sur les lobes d’oreilles peut faire mal, alors autant en mettre dans chaque recoin, de cette crème indice 60). Et non, je n’imagine pas, peau souple et mate absorbant le soleil comme terre sèche la rosée. Héritage de père. Alors que toi, oui, tout en toi nous rappelle mère, teint d’albâtre, traits délicatement ciselés.
Tu soupires, te plaignant du vent, des moustiques de cette nuit, de la crème soi-disant apaisante qui n’apaise pas assez. Je n’écoute plus, pensées volages, perdues dans les longs préparatifs de cette semaine, couchages, nourriture, boissons, je pense ne rien avoir oublié… Je n’écoute plus, prévoyant, sourire aux lèvres, les arrivées successives des frères et sœurs accompagnés des conjoints et enfants… Une joyeuse marmaille.

Un peu plus loin sur les terres, à quelques centaines de mètres, notre modeste maison familiale, posée à même le sable. Pas bien grande, certes, mais suffisante pour nous accueillir tous, enfants unis et réunis, une fois n’est pas coutume, en cette date particulière, la date de leur anniversaire de mariage.

À n’en pas douter, la fête sera belle… Comme s’ils y étaient.

Merci Louise d’avoir accepté de partager un nouveau texte avec moi. L’un écrivant sur la photo de l’autre ou l’un photographiant sur le texte de l’autre. Qui sait?
Merci Louise.

bientôt 6h… | louise imagine | #vasescommunicants

Bientôt 6h que l’avion s’était posé.

Elle s’était rangée, comme chaque nouvel arrivant fraichement débarqué, dans cette queue interminable qui menait à la vérification des passeports. Et ne pas filmer photographier, rester en file bien droite, ne pas utiliser de téléphone ni d’appareil électronique, ne pas parler non plus. Se voir dispatcher par un quelconque employé de l’aéroport (ils se ressemblent tous, costume sombre, teint gris, regard inquisiteur) vers l’un ou l’autre des postes de contrôle, en petites grappes humaines impersonnelles, visages à peine frôlés, effacés, une même apparence, hommes ou femmes, traits et couleurs dilués dans la masse, anonymat le plus complet. Tout d’abord, on ne vous demande rien, on vous toise,  puis on vous parle d’un ton autoritaire ne souffrant pas de  répartie, ne reste qu’à se taire, suivre la file, les flèches, le chemin désigné et baisser les yeux, accepter, le temps de passer ce foutu guichet. Elle fixait ses pieds avec le plus de concentration qu’il lui était possible, tant désobéir la démangeait, tant d’ordre la dérangeait, lui donnait envie de fuir ou de hurler, d’éclater de rire ou de tout casser. Mais il fallait se taire, ne pas être remarquée. Formulaire d’exemption de visa dûment rempli, pas de rature ni d’hésitation, signature claire et propre, parfaite, déclaration de douane irréprochable, humour proscrit, ici on est hermétique à toute forme de seconde degré, il faut savoir bien répondre, pas de drogue pas d’alcool, ni de maladie honteuse et autre joyeuseté, non merci, je suis là pour visiter votre si beau pays, je ne compte pas rester longtemps, deux semaines à peine, non rien à déclarer, regard baissé, paupières mi closes et surtout cacher la flamme qui crépite à l’intérieur. Puis se plier au rituel empreintes-scans-photo, se taire malgré les fourmillements qui électrisent ses muscles. Il prit son temps, le policier, pour feuilleter son passeport, page après page, un sourcil tendu en circonflexe, comme s’il apprenait par cœur chaque inscription. Il faut dire qu’il y en avait des tampons, presque à chaque page et autant de pays visités depuis ces derniers mois. Il scrutait encore et encore, à la recherche d’un indice, d’une erreur, un petit os à se mettre sous la dent,  relevant régulièrement son sourcil pour lui jeter un œil qui voulait tout voir sonder deviner, avec mépris en prime, toi ma cocotte, je te vois venir, pourquoi tant de voyages et pourquoi atterrir ici en ces temps d’alerte maximale…

Elle, restait calme en apparence, caressant dans sa paume le petit objet qui s’y trouvait. Mais le policier ne voulait pas lâcher…

Le verdict tomba : il lui faudrait attendre ailleurs, juste à côté avant de pouvoir récupérer ses bagages, vérifications complémentaires, détails à éclaircir… Un gentil homme en costume d’ailleurs l’y accompagnait, poignée ferme autour de son bras, marche autoritaire et cadencée, impossible d’y échapper. La voilà, assise, dans une pièce étroite sans fenêtre avec de nombreux compagnons d’infortune venus des quatre coins du globe. Voyageurs seuls ou en groupe, certains avec enfants, beaucoup de gens de couleurs et quelques blancs dont elle. Une inquiétude lourde, oppressante teintait l’atmosphère. Chaleur étouffante, odeur de transpiration, doigts se nouant se dénouant, piétinements. Elle, se cala au fond de son confortable siège en plastique et ferma les yeux. Mal de crâne en préparation. Dans sa paume, tout contre elle, la douceur de l’objet. Sa chaleur… Comme une vibration. Les secondes coulaient et elle les laisser glisser. Les secondes s’enfuyaient et elle se sentait mieux. Ailleurs. A ce point de son voyage, plus rien ne pouvait lui arriver, se disait-elle. Elle en était certaine. Tant de frontières passées, de kilomètres parcourus. Elle avait vu tant de merveilles et de misère, ouvert les yeux sur des mers vouées à disparaître, lumière pâle du levant sur le lissé d’un mince océan. Elle avait traversé des villes riches et bouillonnantes, où l’électricité n’avais pas pu tirer ses fils, les habitants l’avaient accueillis et aidé sans la moindre contrepartie, elle avait partagé les tables d’inconnus, des heures à veiller et discuter, à des milles d’ici, chaque ville chaque visage chaque main serrée restait ancrée dans sa mémoire, chaque mot tatoué dans sa chair… Elle avait traversé des métropoles de béton et d’argent où la solitude plombait l’air et les cœurs, où la terre étouffait et souffrait sous de lourdes et toxiques vapeurs. Ces odeurs, amères, acides, âcres elle les sentait encore, vivaces, intactes. Sous ses paupières avenues, boulevards, rues défilaient, piétions pressés, vies savamment paramétrées. Destins scellés.
 
Rien n’avait pu l’arrêter.

 Combien d’heures s’écoulèrent ? Quatre ou cinq, encore ? Sans boire, ni pouvoir manger. Peu importe. La guerre des nerfs l’avait quitté.

Elle savait.

Avant même qu’il n’entre dans la pièce, elle savait.

Avant même qu’il ne lui tende ses papiers, l’air hargneux du chien qui est obligé de laisser sa proie filer, elle savait.

Tout comme elle était certaine qu’il ne la lâcherait pas d’une semelle, tant qu’elle resterait sur son territoire. Il serait là, dans l’ombre prêt à bondir. Et c’est la gorge qu’il viserait.

Dans un crissement sec, les portes automatiques s’ouvrirent devant elle laissant place au scintillement d’immeubles et de tours vitrées. Un brusque coup de vent vint fouetter son visage, chassant au loin tout l’épuisement et la fatigue des dernières heures… Instinctivement, elle se mit à serrer un peu plus fort l’objet au fond de sa poche, cet objet qui l’avait guidé jusqu’ici. Une ville nouvelle et inconnue s’offrait à elle. Il y avait tant à faire. Et plus une minute à perdre.

Texte et photos: Louise_imagine

Ana NB  et Pierre Ménard
Christophe Sanchez  et Christopher Selac
Samuel Dixneuf  et Benoît Vincent 
Camille Philibert-Rossignol
  et Chez Jeanne 
Urbain trop urbain  et Microtokyo
Christine Jeanney  et Anna Vittet 
Isabelle Pariente-Butterlin  et Olivier Lavoisy 
François Bon  et Jacques Bon
L’autre-je  et Joye 
Nicolas Bleusher  et Brigitte Célérier

note | la croisée des marelles

Je découvre ce matin cette magnifique composition de Louise Imagine et Aedificavit, sans autres mots superflus à ajouter je ne peux que vous inviter à aller la découvrir ici: La croisée des marelles, XVIII

Magnifiques  photo et  voix
de @louise_imagine avec le superbe texte d’@Yzabel2046/ @AEdificavit spéciale dédicace à @jean_yvesf

plateform magazine | nº 16

Vous adorez la création… vous recherchez d’autres manières de vous informer sur les talents et les formes d’expression qui circulent par ci par là… alors ne manquez pas d’ouvrir PLATEFORM Magazine. Avant toute chose, je voudrais remercier Louise Imagine, sans qui je n’aurais découvert ce magazine exceptionnel & incontournable… Bravo à toute l’équipe…

Balade en ligne, ici…: http://bit.ly/dhv223

Vous y retrouverez…