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Réponse de Charles Maussion

J’éprouve quelque difficulté à vous répondre, mais je voudrais vous faire part d’un moment important que j’ai vécu il y a plusieurs années déjà.

Je lisais dans ma chambre et pour cela portais des lunettes pour voir de près, lorsque levant la tête, mon regard tomba sur une petite photo de ma mère qui était posée sur un meuble à quelques mètres de moi.

Je restais stupéfait. À travers ces lentilles, la photo n’avait plus rien à voir avec celle que je connaissais : plus rien ne restait de la description de ma mère et pourtant sa présence était mille fois plus intense. C’était un contact direct, très émouvant, d’une luminosité rayonnante.

L’image était très simple : simple graduation de lumière aboutissant à un sommet lumineux d’une intensité presque insupportable. Pas de contrastes, mais chaque point de l’espace avait son autonomie, son rayonnement propre et pourtant chaque point avait sa place exacte, sa condition nécessaire et suffisante pour participer à l’ensemble. Le tout avait une unité parfaite, une grande simplicité d’où se dégageait le sentiment de joie et de paix.

J’étais frappé que si peu d’éléments, juste une graduation de valeurs, pouvait aboutir à une telle intensité.

Rien n’était bloqué, fermé, c’était un monde ouvert à la fois irréel et pourtant très réel, puissant et à la fois plein de tendresse.

Plus tard, je marchais sur une plage du nord, et, à quelques mètres de moi, une mouette. C’était de bonne heure le matin, l’air était encore embrumé et les tons bruns-roses du sol se mêlaient au bleu de l’atmosphère pour former une atmosphère grise très transparente et diffusant la lumière.

Je fus saisi : elle se tenait toute droite sur ses pattes comme une montagne de lumière. Pourtant, elle ne semblait pas de nature différente de l’espace lumineux qui l’entourait. La lumière avait mangé ses contours pour ne laisser qu’une présence lumineuse… seule une très fine modulation à peine perceptible, comme une caresse.

Là encore, très peu d’éléments, pas de contrastes, pas d’affirmation, juste un espace, un souffle, une respiration suffisait à créer cette présence comme une source rayonnante et rafraîchissante.

La similitude de vision avec la photo de ma mère était étonnante. C’était le même monde.

Charles Maussion | 1923 – 2010

en savoir plus sur la vie de l’artiste Charles Maussion : www.charlesmaussion.com

note – Yanaihara Isaku – Avec ‪Giacometti‬ – éditions Allia

Yanaihara Isaku - Avec ‪#Giacometti‬ - éditions Allia

Partager ce très beau texte de #Giacometti , extrait de Avec Giacometti – Yanaihara Isaku – éditions Allia

Auguste Rodin | intervention de Pierre Edouard, sculpteur, dans « une vie, une oeuvre »

Intervention de Pierre Edouard, sculpteur, dans l’émission de France Culture, « Une vie, une oeuvre » du samedi 15 novembre 2014.

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4950210

Par Françoise Estèbe.

Réalisation : Lionel Quantin. Prise de son : Pierre Quintard. Attachée d’émission : Claire Poinsignon. Archives INA : Sandra Escamez. Avec la collaboration d’Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France.

En partenariat avec le Musée Rodin, qui, à partir du 13 novembre (jusqu’au 27 septembre 2015), présente une nouvelle exposition : « Rodin, le laboratoire de la création. »

nvité(s) :
Catherine Chevillot, directrice du Musée Rodin.
Pierre Edouard, sculpteur.
Clémence Goldberger, responsable de la Communication du Musée Rodin.
Katia Légeret, professeur au Département Théatre de l’Université Paris 8.
Hélène Marraud, responsable du Fonds Sculptures du Musée Rodin.
Véronique Mattiussi, responsable du Fonds Historique du Musée Rodin.
Bruno Mathon, peintre et critique d’art.
Hélène Pinet, responsable des collections de photographies du Musée Rodin.
Dominique Viéville, conservateur général du Patrimoine.

Suite de montagnes | Exposition Jacques Le Scanff | Paris – Novembre 2014

Expo Jacques Le Scanff _ 19 nov 14  3 paris jak

Exposition Jacques Le Scanff | Paris | 19 novembre 2014

Suite de montagnes (au-delà de Lure)
et quelques portraits et dessins

Jacques le Scanff vous invite à visiter son atelier et à découvrir ses travaux récents :

mercredi 19 novembre 2014
à partir de 18 h 30

145 bis, avenue de Choisy 75013 Paris
code 1692A, 2e atelier dans l’allée, au fond de la cour

Téléphone 01 48 06 47 06
Métro : Tolbiac et Place d’Italie
Autobus : 47, 64 et 62

l’exposition sera également ouverte
du 20 au 23 novembre de 15 h à 20 h
et sur rendez-vous.
Attention nouveau mail : preaudescollines(at)gmail.com

ArtParis, Pierre Edouard | Galerie Ditesheim

Un grand merci à vous @allerarome pour vos photos des oeuvres de Pierre Edouard exposées par la Galerie Ditesheim, lors du salon ArtParis 2014 et pour les mots que vous m’avez confiés…

artParis, 2014, Pierre Edouard, Galerie Ditesheim

 » Une œuvre a sa vérité mais le rêve de l’œuvre en a une autre  » Pierre-Edouard .
Puis il écrit qu’il choisit la deuxième. Dans le rêve de toute œuvre, artiste, créateur, amateur il y a une vérité, la vérité du désir singulier de chacun . Laissons donc à l’artiste sa vérité que son œuvre élucide pour lui seul .
Pierre Edouard lui met le rêve de l’œuvre en chantier pour nous donner à voir non pas ce qu’il a rêvé mais ce qui s’est matérialisé, interprété peut être de son rêve.
Passage par le temps de l’exposition où la vérité de l’œuvre s’offre alors à celui qui regarde . Pour avoir il y a plusieurs mois découvert l’œuvre gravé de Pierre-Edouard dans une autre galerie, il me restait essentiellement la finesse et la vivacité du trait donnant toute légèreté à la gravure . Mise en suspension de ses sujets défaits de leur poids d’être des corps. Formidable. Le trait saillant que l’on retrouve dans la réalité sur des personnes se retrouve là dépersonnalisé mais tout aussi vif donnant une force et un caractère à l’œuvre, son trait de caractère.
Il s’agit bien d’autre chose que de la représentation de personnages, de leur expression, de la position où ils se tiennent arc-boutés, penchés vers l’avant.
Ce qui se dégage des sculptures, de ces corps en suspension c’est une tension mais une tension pour une trajectoire et non pas faisant poids . L’horizontalité que croise notre verticalité de spectateur, les arrache à une certaine fixité, à un enracinement. Le nouage de la forme, de la tension et du mouvement semble se faire dans l’arc d’arc-bouté utilisé pour qualifier les postures.
Voir des gravures et des sculptures permet d’apercevoir ce qui fait le trait unaire, unique de l’œuvre de Pierre-Edouard.
Cette même ligne traverse les œuvres, dans un même mouvement comme un surgissement. On se plait à penser que ce surgissement est celui de la vérité de l’œuvre, qu’il est inutile de chercher ce qu’elle pourrait vouloir dire , nous montrer ou nous signifier. L’œuvre est hors sens, surgie du Réel . Jacques Lacan écrivait que l’artiste, toujours précède le psychanalyste . Alors j’ai pensé : voilà !
Des œuvres qui nous regardent autant que nous les regardons parce que l’art nous regarde pour nous faire apercevoir ce qui ne peut se dire que d’en passer par l’œuvre rêvée de l’autre .
Je remercie encore Xavier de m’avoir fait découvrir un jour cet artiste.

JocelyneT.
Pierre Edouard, art Paris, 2014, galerie Ditesheim

pierre edouard, sculpture, artparis, galerie ditesheim, 2014pierre edouard artparis 2014

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Charles Maussion | projet d’exposition 2014 |

je marchais sur une plage du nord, et à quelques mètres de moi, une mouette.

CharlesMaussionPhotoSuzanneNagy_1® Photo Suzanne Nagy

« […] je marchais sur une plage du nord, et à quelques mètres de moi, une mouette. C’était de bonne heure le matin, l’air était encore embrumé et les tons bruns-roses du sol se mêlaient au bleu de l’atmosphère pour former une atmosphère grise très transparente et diffusant la lumière.

Je fus saisi : elle se tenait toute droite sur ses pattes comme une montagne de lumière. Pourtant, elle ne semblait pas de nature différente de l’espace lumineux qui l’entourait. La lumière avait mangé ses contours pour ne laisser qu’une présence lumineuse… seule une très fine modulation à peine perceptible, comme une caresse.

Là encore, très peu d’éléments, pas de contrastes, pas d’affirmation, juste un espace, un souffle, une respiration suffisait à créer cette présence comme une source rayonnante et raffraichissante. […]

Charles Maussion »

Plus d’infos sur la vie et l’oeuvre de Charles Maussion : http://www.charlesmaussion.com