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Anamnèses & autres textes (dont Mauvaises Nouvelles) | version papier

Le livre Anamnèses & autres textes (dont Mauvaises Nouvelles) est aussi disponible en version papier depuis aujourd’hui.
Un grand merci à Jean-François Gayrard pour son travail (éditions Numeriklivres)

Pour commander votre livre en version numérique ou version papier, vous pouvez passer par ici: http://goo.gl/hwnfFE ou dans votre librairie de cœur.

Xavier Fisselier, Anamnèses, éditions numeriklivres
Photo couverture Jean-Baptiste Fort (photographer)

Anamnèses_Emma

Merci Emma (photo)

Anamnèses & autres textes | Xavier Fisselier, auteur

ISBN-13: 978-2897179212

Broché 106 pages – 13×20 cm

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anamnèses

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anamnèse [anamnɛz] nom féminin
(grec, de ana → ana- et mnêsis « mémoire »; cf. amnésie)
■ didact. Retour à la mémoire du passé vécu et oublié ou refoulé (s’oppose à amnésie).

Le petit Robert

Comprendre enfin pourquoi il est vital de poursuivre la série les anamnèses, restée en suspens.
Peu importe la fin, seulement une nécessité.

[la] #1 | les anamnèses

« Cette histoire n’a pas de fin puisqu’elle n’a jamais réellement existé et ce, malgré la véracité non contestée de ces lignes… »

Anonyme

*

Contre toute attente, je suis revenu sur les traces laissées la veille par l’empreinte de mes pas sur la plage. Elles avaient disparues. Léchées minutieusement par les vagues. Aspirées grain après grain par le sable mouillé. Elles n’existaient plus. Je compris alors que le temps ne pouvait résister à rien, sous aucune forme possible. Il ne pouvait que disparaître à jamais, malgré mes vains efforts à tenter de le maintenir en vie dans mon esprit. Ma présence physique au monde se transformait en une banale rêverie individuelle. Chaque trace ébauchée s’effondrait comme le danseur de ballet exténué, suivant un mouvement circulaire et lancinant, une hallucination étourdissante. Je confondais existence avec mutation. Je croyais à la vie, mais il n’y avait qu’une énergie. Il était accessoire d’imaginer extraire quoi que ce soit de ces flux vitaux. Systématiquement l’ « un » revenait dans le tout et le tout dans le « un ». Seul l’épuisement total d’énergie pouvait mettre fin à ce spectacle sans explication acceptable. Aucun être, aussi unique eût-il été, n’existait en marge des éléments qui le composaient et de l’ensemble infini d’éléments dont il faisait partie. J’en arrivais à penser que rien n’était indissociable malgré son unicité apparente et concurremment improbable.

Certes, cela ne m’avançait pas spécialement. Mais, je considérais cette découverte cruciale pour le bon déroulement de mes jours à venir. Il était clair que rien n’avait d’importance et que tout pouvait arriver. L’évidence incontestable de cette conclusion enfantine m’amenait à observer mon sort et mon environnement avec un tout autre regard. J’étais calme sans arriver cependant à être rassuré.

C’est à ce moment là que je pris la décision de partir pour traverser le monde comme un épais nuage blanc flottant. Disparaître et réapparaître au gré du vent. Oublier mon nom. Voyage intemporel infini dans lequel je pouvais m’inscrire paisiblement sans être vu, ni reconnu. À l’image du nuage, acquérir l’humilité de ne laisser aucune trace pour atteindre la liberté absolue de l’âme. Parvenir à sa propre évaporation, en se nettoyant de fond en comble. L’entreprise n’était pas une mince affaire, mais je gardais l’espoir d’y arriver.

Ne plus être que l’élément de l’élément. La monade. Ni plus, ni moins.