Archives pour la catégorie Note

anéantir | Michel Houellebecq

«Combien de temps lui restait-il ? Un mois ? Trois mois ? Un an ? Il faudrait poser la question aux médecins. Puis ce serait le néant, un néant radical et définitif. Il ne verrait plus rien, n’entendrait plus rien, ne toucherait plus rien, ne ressentirait plus rien, jamais. Sa conscience aurait entièrement disparu, et ce serait comme s’il n’avait jamais existé, ses chairs pourriraient dans la terre – à moins qu’il ne choisisse la destruction plus radicale de l’incinération. Le monde continuerait, les êtres humains s’accoupleraient, ressentiraient des désirs, poursuivraient des objectifs, nourriraient des rêves ; mais tout cela aurait lieu sans lui. Il laisserait une faible trace dans la mémoire des hommes ; puis cette trace, elle aussi, s’effacerait.»

anéantir, Michel Houellebecq, éditions Flammarion.

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Écoutez Olivier, « Invincible été »

Un mot de ma part serait un mot de trop. Écoutez Olivier.


Plus d’infos sur www.invincible-ete.com

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Reprendre, avec un mot seulement.

Reprendre, avec un mot seulement.

Poser un premier mot parce que l’on imagine que c’est la seule façon de retrouver le rythme, la musique que l’on avait créée, en écho. Les mots qui rebondissent, l’un sur l’autre, l’un après l’autre, comme deux corps et deux âmes qui se suivent au loin. 

Des mots qui s’écoutent, s’écoulent et s’entendent. Une conversation qui file. S’écrire et se lire. Se trouver et se reconnaître. Parce qu’un mot peut tout dire, comme un sourire, comme une larme. Parce que l’on ne peut pas tout dire, ou parce que l’on ne veut pas tout se dire. Alors on le dit à tous et on écrit. Parce que composer, ajouter des notes ou des mots, c’est essentiel souvent. On se tait pour ne rien dire. On se tait par crainte. On se tait pour ne pas faire de bruit et disparaître. On s’efface, on se cache la face. On ne perd pas de temps à écrire, pour quoi, pour dire, médire, maudire. Il est plus simple de ne jamais écouter ces petits mots qui surgissent dans les nuits sans fin d’insomnie. Ses mots gris qui reviennent pour vous empêcher de fermer l’œil. 

Écrire pour se lire. Pour lire ses maux, les siens pas ceux des autres. Les écrire puis les lire pour les effacer, les rayer. Avancer vers… Passer son tour, mais être là, sans s’écouter pour écouter le monde autour. Le vrai celui des autres, pas le vôtre. La musique. La musique d’un mot puis d’un autre l’un derrière l’autre. Sans y attacher d’importance. Seulement son son et son écho. Son son, vous entendez ce son ? Car c’est ça un texte, un mot ou deux mots. Seulement un son puis un autre, sans sens, ou pas toujours sensé. Oublions ce que l’on voulait dire, on ne voulait rien dire. On voulait seulement écrire. Ne pas rester sans rien dire. Être un peu là, entre vous et entre nous. N’obliger personne à vous écouter seulement donner, offrir la possiblité de… C’est pour cela que l’exercice est important, qu’il est plus fort que le silence, que l’oubli. S’écouter écrire pour oublier que cela n’a pas de sens. Que ne pas avoir de sens n’est ni une fatalité ni une futilité. Ne pas donner plus de poids à une idée à un mot, qu’à un autre, à une opinion qu’à une autre. Respecter seulement la musique et l’enchaînement, et se laisser entraîner. Vouloir avancer. Aller jusque là. Là où ceux qui savent, savent que leurs compositions, leurs enchaînements et leurs notes sont nécessaires, en soi et sans fin. 

Pouvoir dire, qu’écrire est le rythme d’un cœur, d’une âme, d’un chemin qui a commencé et qui ne connaît pas sa fin. 

Le rythme d’une disparition en vie. Le rythme d’une apparition. 

Une absparition.

Why

Why | Annie Lennox – DIVA (1992)

How many times do I have to try to tell you
That I’m sorry for the things I’ve done?
But when I start to try to tell you
That’s when you have to tell me
Hey, this kind of trouble’s only just begun, yeah

I tell myself too many times
Why don’t you ever learn to keep your big mouth shut?
That’s why it hurts so bad to hear the words
That keep on falling from your mouth

Falling from your mouth
Falling from your mouth
Tell me
Why?
Why?


I may be mad
I may be blind
I may be viciously unkind
But I can still read what you’re thinking
And I’ve heard it said too many times
That you’d be better off
Besides
Why can’t you see this boat is sinking
(This boat is sinking, this boat is sinking)


Let’s go down to the water’s edge
And we can cast away those doubts
Some things are better left unsaid
But they still turn me inside out
Turning inside out, turning inside out

Tell me
Why?
Tell me
Why?


This is the book I never read
These are the words I never said
This is the path I’ll never tread
These are the dreams I’ll dream instead
This is the joy that’s seldom spread
These are the tears, the tears we shed
This is the fear, this is the dread
These are the contents of my head

And these are the years that we have spent
And this is what they represent
And this is how I feel
Do you know how I feel?
‘Cause I don’t think you know how I feel

I don’t think you know what I feel (why)
I don’t think you know what I feel
You don’t know what I feel

 » Happy Easter « 

Ce matin j’ai fait le plus beau et plus long voyage de mon existence. À toutes celles et tous ceux que j’ai rencontrés sur nos chemins, lisez ce texte et partagez-le, il s’adresse à vous, il est pour vous.

“Happy Easter”, par ces deux mots simples mon voyage a débuté, sur ma terrasse, face au soleil et à la Sagrada Familia, les yeux fermés. Je suis parti de Nagpur. “Happy Easter” résonne en moi depuis ce jour de Pâques à Nagpur. L’instant d’une vie, le moment zéro. Cet endroit où les échelles de temps et de distance n’existent plus, n’ont plus besoin d’être. Celui de la sensation et du sentiment. Ce sentiment de faire partie du tout et du rien, au même instant, partout à la fois. Je l’ai revécu maintenant. Ici. Avec vous. Et j’ai enfin compris le sens du voyage avec vous, vous tous. Le sens de mes voyages, réels ou imaginaires. Je crois vous avoir presque tous vus, sur le chemin qui m’a amené à vous rencontrer, à vous aimer. Le bonheur simple de savoir que sans le savoir je vous avais amenés partout avec moi. Vous étiez là, vous êtes là. Il n’y a pas de voyages, il n’y a qu’un voyage et nous en faisons tous partie. Le passé a toujours été aussi mon présent. Le présent est là. Il est suffisant, et j’ai cessé d’imaginer le futur, surtout celui qui n’existe pas encore. Quel « présent » plus majestueux que l’instant présent, ensemble. Morts, disparus ou vivants, proches, physiquement ou pas, vous étiez tous là. C’est une évidence. Vous ne pouviez être ailleurs. Vous aviez dû vous aussi m’emmener avec vous, sinon, nous n’aurions pu nous retrouver aussi facilement. Quelle immense bonheur de le savoir. Je crois avoir peut-être pleuré, comme j’ai très certainement aussi dû sourire et rire avec vous. Nous étions là, si proches, réunis et il suffisait seulement de fermer un peu les yeux, en silence, et de vous attendre, de vous écouter, de vous sentir venir. Ce moment n’a sans doute ni début ni fin, il est là et il suffit seulement d’en avoir conscience. Oui, deux mots ont suffi pour être de nouveau là-bas et partout à la fois, à Nagpur et ici. Là, avec vous, c’est sans aucun doute l’endroit où je voulais être aujourd’hui, inconsciemment, en cette minute infinie.

Où que vous soyez, je pense à vous, j’ai toujours pensé à vous. Le bonheur de savoir que ce n’est pas la réalité qui importe.

Apparaître et disparaître c’est être là, présent au monde. Pour toujours. Ensemble.

Définition probable d’une absparition

Extrait de « Sois ce que tu es » Les enseignements de Sri Ramana Maharshi.

Se voir vieillir

Se voir vieillir. Quand prend-on réellement conscience de ce passage? Le moment, l’instant. Où tout bascule.

Note

Pourquoi se montre-t-on?

Pourquoi s’expose-t-on autant ?

Quelle absurde nécessité d’exister aux yeux des autres !

Je suis surpris, ébahi et regarde tout de même. Identique, pas mieux.

J’essaie seulement de savoir pourquoi.

Jean-Philippe Toussaint

We miss us

We miss us.

Thom Yorke | ANIMA Interview

Note

Être fantasque.

L’être fantasque agit en dehors des règles établies. L’être fantasque sort du cadre. C’est amusant car on vous invite souvent à penser ainsi, à être ainsi tout en vous recommandant d’être prudent et de ne pas trop en abuser.

Être fantasque, est-ce un défaut ou une qualité ?

Note

« La lecture sur internet, c’est le flow ininterrompu. Or, pour construire du sens, il faut sortir de ce flow pour faire autre chose : peindre, lire, écrire. C’est ça la supériorité de l’homme sur la machine : sortir du flow une fois de temps en temps pour lire un livre de 1200 pages. »

Kenneth Goldsmith | Usbek &Rica Numéro 27

Vous m’avez manqué.

Vous m’avez manqué. Vraiment. Vous savez ce que c’est manquer à quelqu’un.

C »est important.

On est tous un peu triste

On est tous un peu triste. On a tous un peu peur. Mais on n’a pas trop envie de le dire. On aimerait bien être meilleur. Mais on ne l’est pas.

On est tous un peu triste. Et on a le droit de le dire. On a peur.