anéantir | Michel Houellebecq

«Combien de temps lui restait-il ? Un mois ? Trois mois ? Un an ? Il faudrait poser la question aux médecins. Puis ce serait le néant, un néant radical et définitif. Il ne verrait plus rien, n’entendrait plus rien, ne toucherait plus rien, ne ressentirait plus rien, jamais. Sa conscience aurait entièrement disparu, et ce serait comme s’il n’avait jamais existé, ses chairs pourriraient dans la terre – à moins qu’il ne choisisse la destruction plus radicale de l’incinération. Le monde continuerait, les êtres humains s’accoupleraient, ressentiraient des désirs, poursuivraient des objectifs, nourriraient des rêves ; mais tout cela aurait lieu sans lui. Il laisserait une faible trace dans la mémoire des hommes ; puis cette trace, elle aussi, s’effacerait.»

anéantir, Michel Houellebecq, éditions Flammarion.

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