note

20120626-094601.jpg

Été par la fenêtre. Les yeux dans le vague, pas dans les vagues. Traverser ses souvenirs d’avenir. La musique, en boucle, se déploie à l’infini. Essayer de saisir les images qui défilent par la fenêtre comme de ses souvenirs qui se délitent devant les yeux. Odeurs d’étés, chaleur d’un rai de lumière qui a brûlé la peau à jamais. Les traces ne disparaissent pas, elles sont traces. Elles s’estompent seulement un peu, puis réapparaissent avec le souffle du vent, ou la pluie qui les lavent. Rester dans l’attente de cette pluie d’orage qui lavera ce ciel où l’on plonge le regard à l’infini de soi. Attraper ce nuage qui vous rappelle que cela s’est passé. La musique suit son cours ensorcelant comme les nuits sans lumière. Parviendra-t-elle à raviver tous les instants sensibles qui se sont échappés par inattention? Par peur, par doute, parfois. Monter dans les aigus, et percevoir les bombardements du tambour qui vous rappellent les battements d’un cœur. Inciser la chair. Laisser s’écouler le sang de la mémoire sur le sol. Personne autour ne le remarque. Les blessures sont légères pour autrui. Autrui qui échappe à l’autre. Regarder ces visages endormis endoloris par les rêves improbables. Des bouches entrouvertes, des têtes baissées, des corps affaissés presque morts qui survivent en suspens d’un temps qui passe et qui lasse, hilare, par la fenêtre du train. Où sommes-nous cachés? Où se situe cet espace minéral, entre ces deux eaux, où nous avons reposé nos corps de guerriers blessés par ce combat illusoire que nous avons mené avec la joie dans nos yeux fatigués de s’aimer? Le mouvement berce, il ne nous transporte pas d’un point à un autre, non. Il nous situe sous le même ciel qui nous observe. La terre est rouge. Elle brûle sans cesse les vestiges des êtres qui s’y sont écroulés par dépit, lassitude et oubli. Je vois ces visages qui oscillent devant moi. Les yeux se détournent, on ne doit pas se regarder, au risque de se voir, au risque d’atteindre ce que l’on ne veut pas montrer. L’âme s’imprime dans vos regards. Fuyez!! L’âme est indélébile, elle se propage d’une enveloppe à une autre. Elle s’additionne, ne se soustrait jamais, à qui que ce soit, à quoi que soit. Seul le corps s’écroule par le poids de cette âme collective qui ne peut se détacher de soi. Prégnante. Étouffante, parfois jusqu’à la souffrance. Absorption de l’autre et de soi.
Le paysage défile comme il l’a toujours fait se riant de nous. Nous qui ne sommes rien de plus que ce que l’on veut en croire. Il continuera sa route, sans scénario. Le film est sans fin, nous marquons des arrêts sur image pour inventer une réalité qui nous rassure. Comprendre que l’on a aucune importance et ne pas s’affaler de déception. Nous nous trompons à chaque pas posé sur ce sol incertain. Ne pas oublier de s’oublier, chaque jour un peu plus puis, atteindre enfin ce dénuement extrême que l’on ne croisera que dans vos yeux.
Arriverais-je à me détacher de moi pour ne plus avoir peur?
Arriverais-je à me séparer de moi pour voir?
Être là est nécessaire et suffisant à admettre sa propre inexistence.
Ne plus faire souffrir, ne plus souffrir.
Être là à distance
En silence, dénudé.
Être là.

7 réflexions au sujet de « note »

  1. Ping : note via @xavierfisselier | Art and culture a gogo | Scoop.it

Si vous souhaitez m'envoyer un commentaire, écrivez-moi à xavier(at)fisselier.biz

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s