extrait | Isola, insula

« Et le poète, plus retiré que jamais dans les abysses de sa cécité, et plus solitaire que le premier et le dernier des humains, ne voit plus autre chose que les mots dont il sature sa page blanche et il se prend à croire qu’il vit ce qu’il écrit et qu’il écrit ce qu’il vit et il avance son authenticité comme une cuirasse matricule, sous laquelle il bombe le torse – cependant que son indentité est périmée depuis le commencement, et que la plus belle phrase du monde est un leurre et un pur divertissement, apothéose d’oubli de la condition sans condition, inhumaine condition humaine de n’être rien ni personne pour personne et pour rien. »

Claude Louis-Combet | D’île et de mémoire | Extrait de Isola, insula | Éditions José Corti 

4 réflexions au sujet de « extrait | Isola, insula »

  1. cieljyoti

    ce texte est magnifique.
    tu vas sans doute me trouver idiote, mais ça fait très peu de temps que je viens de comprendre qu’il est possible de s’abonner à un blog que l’on aime tout particulièrement. je sens en toi un homme très sensible et même si ce texte n’est pas de toi, j’ai l’impression qu’il résume assez bien une partie de ta sensibilité, non ?

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    1. Xav' Auteur de l’article

      Merci Céline,
      oui, ce texte est magnifique… n’hésite pas à te procurer l’intégralité de ce petit livre. Un petit bijou sur la solitude.
      xavier .)

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