mn (IX)

Être éveillé sans penser, seulement une fois, juste une fois.

Ne pas penser, juste une fois. Oui, juste une seule fois. S’arrêter, respirer, regarder, écouter, sentir et toucher mais ne rien retenir. Ne rien mémoriser. Être comme le vent qui souffle et s’apaise, la mer qui se déchaîne puis se lisse. Se fondre dans l’espace et s’y perdre. Ne faire qu’un dans le grand ensemble de tout. Ne pas penser pour ne pas faire de mal, pour ne pas se faire de mal. Ne pas penser pour ne pas tenter de comprendre ce que l’on ne peut jamais comprendre. La raison ne peut se limiter à une dualité noir blanc, oui non. Et le peut-être,  n’est pas plus raisonnable puisqu’il se situe entre le oui et le non, ou le gris entre le noir et le blanc. Les mêmes référents pour une simple variation. Il n’y a pas d’explication logique. Certes, la logique semble rassurante, très rassurante. Mais qu’advient-il s’il y a une exception à la règle? La logique se détruit, disparaît. Elle perd sa raison d’être à la moindre entourloupe. Oui, la petite tromperie à la logique, celle qui ne se dit pas, ne se voit pas toujours, ne se devine qu’à peine. Celle qui flotte toujours, partout pour nous prouver notre inaptitude à former des explications logiques. Alors, tout s’effondre, d’un seul tenant. La logique est pensée, la réalité est bien autre. Tout corrobore, rien ne se tient. La pensée essaie de faire tenir les choses entre elles, elle s’obstine à donner un sens, une explication jusqu’à justifier des concepts qui n’ont aucune consistance. Alors, que faire? Comment parvenir à cet état de grâce? Chasser le trouble, l’émotion. Seulement vivre et ne rien interpréter. Je ne suis ni les autres choses, ni les êtres qui m’entourent. Je ne peux penser pour eux, je ne peux vivre comme eux. Je ne peux être qu’avec eux, au même moment, tout le temps dans le cycle, le flux et le reflux. Se laisser aller, ne rien attendre, seulement rester. Observer, sans mot dire, sans planifier, sans s’exposer, sans intervenir, sans juger. Ne pas bouger mais s’intégrer, se fondre. N’être qu’un négligeable élément d’un paysage illimité, déjà dessiné et que l’on dessine irrémédiablement. Se sentir infinitésimal et infini à la fois. Ne pas y croire, seulement sans rendre compte. Pourquoi ne pas s’en imprégner? Pourquoi changer une mécanique qui s’étend et se confond? Intervenir ne mène à rien. Se faire croire que si, mais ne pas y croire n’est-il pas tout autant ridicule? Je cherche à calmer mon corps et mon esprit. Ils sont là, qu’ils y restent. Je souhaite seulement les mettre en veille, presque les éteindre, sans toutefois les arrêter. Je ne décide pas. Cela se fera seul. Dans un rythme, ce rythme profond, inexorable, que je ne perçois qu’avec grand peine. La vie que je vois et que je sens autour de moi, est parfois un contre-rythme. Plus illusoire qu’une illusion. Mais crédible, si l’on ne s’y arrête pas. Nous nous habituons à croire. Nous croyons que nous avançons. Nous croyons que nous faisons avancer. Enfin, pourquoi croire? Il suffit seulement d’être.

à suivre… mn (X)

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