Nos bonheurs fragiles, Laurent Fialaix

Je rêve de vacances  au soleil. Je rêve de gagner au

loto même si je ne joue jamais.

J’ai peur de m’éloigner.

Je rêve de nouveaux visages. Je rêve de fêtes, de

musique, de tourbillons et de me réveiller sans

gueule de bois.

J’ai peur de voir la vie reprendre.

Je rêve de tendresse. Je rêve qu’on m’ouvre les

bras, je rêve de parvenir enfin à ouvrir les miens.

J’ai peur de ne plus faire que semblant.

Je rêve de revoir ton sourire, pour de vrai, pas

seulement sur les photos. Je rêve de soirées passées

à rire avec toi, comme avant, quand tu nous en

faisais pleurer.

J’ai peur d’oublier.

Je rêve de cesser de vivre sur des montagnes

russes.

J’ai peur des hauts autant que des bas.

Je rêve de changer de vie, de m’éloigner de tous ces

flatteurs, de ces « affamés » qui gravitent autour

de moi: jusque-là ils me faisaient rire, ils sont

devenus trop obscènes pour être supportables.

J’ai peur de tout lâcher.

Je rêve de voir disparaître ces images obsédantes

qui défilent les jours où je vais mal.

J’ai peur du vide.

Extrait de Nos bonheurs fragiles de Laurent Fialaix (p82-83), Editions Melville Léo Scheer

Nos bonheurs fragiles - Laurent Fialaix

Je vous en recommande la lecture. Écriture émouvante, sensibilité et tristesse à fleur de peau… J’ai beaucoup aimé.

Si vous souhaitez m'envoyer un commentaire, écrivez-moi à xavier(at)fisselier.biz

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s