Merci Hubert L.

grue fer | Hubert Linder

Petite tribune | 03 mai 2013

Dans la petite ville où j’habite, je passe quotidiennement devant une vieille grue en fer noir, insérée entre les voies de triage à l’arrière de la gare. Peu haute, elle servait à charger le matériel lourd sur le plancher des wagons. Massive, elle ne tourne pas sous l’effet du vent , même fort, comme celles haut perchées sont obligées de le faire pour ne pas basculer. À son pied, le ballast et l’ourlet circulaire de pavés sont teintés de rouille, marquant malgré elle, son emplacement. Lundi dernier, ma tête tourne naturellement du côté où je m’attendais à la trouver si régulièrement depuis maintenant plus de dix ans, mais elle n’y était plus, démontée, pour permettre l’installation d’un parking. Laissant dans le sol une cavité, il ne reste aujourd’hui qu’un petit cratère ourlé de pavés rouillés.

Dans l’entreprise où je travaille, X, vient de partir le mardi de cette même semaine.

Ces deux faits n’ont aucun rapport apparent entre eux, un lien ténu existe pourtant. On ne parle pas plus des démontages de vieilles grues de gare que des départs, tous deux relégués au rang de non-évènement. Tous deux laissent cependant un sentiment de vide, de quelque chose de familier et d’amical (oui, une grue peut avoir une présence amicale) et qui n’est plus là.

H

Seul un mot peut compléter cette tribune de mon ami Hubert: Merci.

note

xavier fisselier

La liberté savourée de ne plus être oppressé rejoint l’angoisse d’une éventuelle future oppression… Se poser là. Apprendre à laisser filer.

Trouver une voie et un projet de sens… Sans fléchir.

Y ajouter la dose de rêve nécessaire à son envol.

note

20130416-225702.jpg

Le futur étant incertain, se concentrer sur le présent et suivre un chemin, même incertain. Incertain, il le sera, comme prévu.

Saint Augustin | Citation

20130416-063938.jpg

«À force de tout voir, l’on finit par tout supporter. À force de tout supporter, l’on finit par tout tolérer. À force de tout tolérer, l’on finit par tout accepter. À force de tout accepter, on finit par tout approuver. »

Saint Augustin

Citation empruntée ici: AlmaSoror

Présentation des estampes de Baleines et Déesses | Pierre Edouard

Baleines_et-Déesses_PierreEdouard_GalerieDocuments15

À l’occasion de la parution du livre de Pierre-Edouard "Baleines et Déesses" aux éditions William Blake and Co. La Galerie Documents 15 vous invite à la présentation des estampes composant l’ouvrage du 29 mars au 13 avril 2013, du mardi au samedi de 14h à 19h.

Découvrez l’entretien de Pierre Edouard sur Canal Académie:

Baleines et Déesses, un livre du sculpteur Pierre-Edouard sur son œuvre gravé

La monumentalité au cœur du sujet
« D’aussi loin que je fais du dessin, de la sculpture, j’ai toujours été hanté par l’idée du monumental. Partout où mon esprit se dirigeait, j’ai cherché à le reconnaître, à le comprendre. » Pierre-Edouard de l’Académie des beaux-arts s’exprime sur cette attirance pour la monumentalité, une notion difficile à définir sans rapport avec la taille, dans cette interview au micro de Marianne Durand-Lacaze.  »

source: Canal Académie | http://www.canalacademie.com/ida10252-Baleines-et-deesses-un-livre-du-sculpteur-Pierre-Edouard-sur-son-oeuvre-grave.html

(se)voir

20130331-100424.jpg

se voir sans décevoir

L’Être:
Un squelette, os enchevêtrés les uns aux autres, revêtu de graisse et d’une enveloppe de chair élastique, amas de tripes et boyaux, rempli de corps liquides. Une bien étrange machine, de temps en temps endolorie. S’accompagne parfois de pensées, difficiles à localiser. Personne ne sait si elles existent véritablement. Très souvent impossible à comprendre. Semble avoir la capacité de mémoriser et de transmettre certaines données. Incapable de restituer exactement ce qu’il perçoit. Ne pense qu’à lui même s’il le nie haut et fort. La plupart du temps a la capacité de se mouvoir et même d’être déplacé. Sans jamais pour autant comprendre ni d’où il vient, ni où il va ou prétend aller. A la faculté de se reproduire, de se perpétuer sans égard à son environnement, quelques fois, dans des conditions les plus hostiles.
Sa date de péremption lui est inconnue. Il n’en a qu’une vague idée. Il se consume indubitablement.
S’apparente au rien avec une forme certaine.